La coutume voulait que l’on fasse sauter les crêpes sans les laisser choir en tenant une pièce d’or dans la main gauche, ceci pour conjurer les mauvais esprits et les revenants de l’année écoulée. Toute crêpe bien rattrapée assurait le bonheur et la prospérité.
Si la crêpe a gagné ses lettres de noblesse en Bretagne, elle n’en existe pas moins depuis des millénaires sous une forme rudimentaire, dès l’apparition des cultures céréalières à l’époque néolithique dans les régions de l’actuelle Syrie, Liban, Turquie appelées le Croissant fertile. L’invention de la poterie autour de 8000-7000 ans av. J.-C. a permis de cuire les grains sous forme de bouillies ou de galettes. Qu’elles soient à base de blé ou de sarrasin comme en Bretagne, les galettes formaient dont la nourriture de base des hommes qui cultivaient des céréales et des plantes. Il n’est donc pas étonnant qu’elles aient été distribuées aux pèlerins lors de la fête de la Chandeleur.
Ce n’est donc pas la crêpe en elle-même mais sa signification rituelle et la symbolique qui s’y rattache qui lui donne un caractère sacré dans la fête de la Chandeleur.
(A suivre: Un rite d'origine agraire)