Dépassée notre représentation des EMS synonymes de « mouroirs » pour nos aînés. Ce premier jour de l’an, passé auprès des aînés m’a persuadée du contraire. Résidents et encadrants réunis autour d'une table d'hôtes décorée à l'envi offraient le spectacle d'une grande famille dont nul n'était exclu! Les infirmes participaient à leur manière, noyés au milieu une tablée d’une trentaine de convives, soignants et soignés confondus. Tous se montraient reconnaissants et satisfaits de leurs agapes durant lesquelles chacun se sentait valorisé, les uns à titre d’accompagnants et d’animateurs, les autres, nos aînés, à titre d’hôtes d’honneur. Le banquet se termina au son de la salsa faisant virevolter les plus agiles au grand amusement de leur entourage. Mais les festivités du Nouvel an ne s’arrêtèrent pas au repas, loin de là! Un divertissement cocasse et inattendu nous était réservé l'après-midi dans l’auditoire de l’EMS, soit un spectacle de cabaret-dancing animé par deux virtuoses du charleston et des variétés. Imitant à s’y méprendre Sinatra, Aznavour, Brel, Brassens et même « La vie en rose », le chanteur sut transporter l’assistance au temps jadis et raviver des émotions enfouies au plus profond des cœurs éternellement jeunes. Comme dans tout music-hall, le chant et la danse se donnaient la réplique, soutenus par le chœur des aides-soignantes dont les talents multiples font vivre les EMS. Entre chaque tour de chant, une ballerine prenait son envol sur la piste au son du jazz, déployant ses ailes en tissu et en plume dans une ronde effrénée. Cet après-midi du premier jour de l’An nouveau, les pouvoirs de l’illusion surent défier le poids des années.Ni licence ni impudeur dans ce spectacle, mais une vague de nostalgie et de regret des jours d’antan.